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jeudi 24 octobre 2013

Le voile tombe

Oh douleur sans mot
pour celui qui a vraiment disparu
un été - bonté aux lèvres.

Oh fourvoiement stérile
à l'égard de celui qui joue à disparaître
danse vaine.

Oh douleur sans mot
pour celui dont on ne peut se souvenir
sans être transpercée

Oh douleur sans mot
chair à jamais retournée
où trouver sa place ?

Oh erreur erreur deuil toujours là
tombe noire

Oh erreur tombe erreur stupide erreur
tombe noire - mon lit

C'était lui et pas l'autre.
Un été parti
les mains vides, lui
et pas l'autre.

Les orchidées attendent toujours.


mercredi 23 octobre 2013

Recommencement

Aujourd'hui, en parlant de lui, pour faire bref, j'ai dit: "Il est parti et m'a accusée".
Et, sidérée, j'ai réalisé que je racontais son histoire, sa vieille et unique histoire, rejouée sans cesse et sans doute, sans le savoir - mais pas la mienne, encore.

samedi 5 octobre 2013

Nuit sans retour


Ce qui s'était passé - dans ces années noires:
Un acte infime, parfois, vous fait sortir hors de la forêt mystérieuse et bienveillante que vous vous êtes choisie - pour vie. L'arrachage à soi qui s'ensuit peut vous faire perdre votre âme, vous propulser dans la nuit froide dans laquelle plus aucun vent ne souffle.
Alors -

Vous demeurez immobile. Un mensonge a retourné le paysage et la forêt n'est plus.

jeudi 18 avril 2013

Patience

Même si elle était loin de tout cela à présent, le silence glacial en guise de réponse à sa question -tout à fait anodine - provoqua la même humiliation qu'aux premiers jours. 
Il vivait, depuis deux ans, en pays étranger et c'était grâce à elle qu'il était parti.

Elle avait beau savoir que l'intention de celui gardait le silence était dénuée de mépris, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il devait savoir qu'une telle attitude était d'une extrême violence à son égard et qu'il fallait être dénué de sensibilité pour infliger à l'autre une pareille gifle.
Elle la reçut, malgré tout, avec vaillance et décida de ne pas y répondre, ne connaissant pas avec exactitude les circonstances dans lesquelles celle-ci avait été donnée. Sans doute, se dit-elle, encore cette satanée, vieille et absurde paranoïa envers elle...  (elle se rappela de la délirante pensée: "Tu aimes à fouiller l'esprit de l'autre") mais rien ne venait infirmer ou affirmer que ce fût cela, tant que l'autre se dérobait à toute explication.

Oui, elle prit cela avec vaillance, s'interdisant toute colère et rancoeur, prenant encore pour la nième fois sur elle, mais la douleur de se voir ainsi traitée d'une manière si injuste resurgit intacte, comme la première fois. Il lui fallait trouver un sens pour contrer et supporter l'irrationnel encore qui lui arrivait de pleine face et elle ressortit des tiroirs la même vieille histoire, celle à laquelle elle avait eu recours tant de fois (sauf un jour où elle l'ignora délibérément, ne cherchant plus à le justifier): le garçon, fragile, à la mémoire encore attachée au passé, ne supportait aucun rapport de vraie proximité tant celle-ci constituait un écho fatal aux liens anciens.

Celui-ci  réclamait alors une liberté qu'aucun être n'eut jamais connu, une liberté absolue, une existence sans influences d'aucune sorte. Voilà pourquoi toute histoire sincère et profonde vécue par lui se transformait, à chaque fois en une origine qu'il fallait qu'il quittât, l'attachement étant impossible car synonyme d'enchainement et de prison. Peut-être même la profondeur de la relation qu'ils avaient eu, l'écart d'âge l'avait hissée, sans qu'elle y prenne part volontairement, à une place de pouvoir - qu'elle occupait, dans son esprit à lui, toujours. Or s'il avait su le malaise et le dégoût que cela avait été, pour elle, d'être tenue, par lui, pendant ces longues années comme quelqu'un de "supérieur" ("Une amie ? non, tu es trop grande !") et la profonde déception ressentie, elle qui ne rêvait que d'une seule chose: qu'ils soient partenaires, égaux, dans une relation d'amitié fraternelle, s'il l'avait su, il aurait réalisé que tout ceci n'était que projection.

Elle ressortit donc cette vieille histoire et reconvoqua encore une fois la patience. Attendre encore.
Attendre. Donner du temps au temps, le temps que celui-ci vive pleinement et jusqu'au bout ce qu'il avait à vivre, connaisse succès et erreurs. Attendre qu'il fasse, selon ses ropres dires, le tour de sa trajectoire en forme d'ellipse. Attendre surtout qu'il rencontre la bonne personne qui le guide. Lui donner le temps de se construire et se trouver - avec d'autres;  alors, se dit-elle, viendra le jour où il aura acquéri assez de lucidité, de solidité, de courage, de conscience et maturité pour enfin la revoir.
.......................
Et puis aussi, se dit-elle quelques heures plus tard: "je n'ai rien à voir avec tout ceci, après tout, c'est son problème, plus le mien".

mardi 1 janvier 2013

Cordélia


Folie la tentation, toujours et encore...

Dialogue entre Cordélia et le Monde

- Où es-tu, toi dont je ne vois plus que le dos ?
- Là où mes pieds m'emmènent et nulle part ailleurs.
Lâche-moi.
- Je t'ai vu de face, un jour.
- Ceci est mon vrai visage, sache-le.
- Retourne-toi et regarde-moi.
- Illusion ! Tu as rêvé je te dis. C'est toi le mensonge.
Toi qui, dans ta folie et ton orgueil, t'obstine à tordre le cou 
à chaque parcelle du monde afin de lui faire avouer sa beauté.
Va-t-en maudite sirène. Je suis né boiteux et
te jette mon diamant - ton or ? à la figure.
- Retourne-toi et regarde-moi. Tu es beau
- Reprends ton bien,
ton rêve fumeux et ensorcellant
et fais-toi en une corde.
Tord-toi le cou avec
et que je n'entende plus 
ta poésie
- Je chanterai et lèverai une armée contre toi
et bataillerai jusqu'à ce que tu cèdes.
- Des guerriers, ta misérable troupe ?
- Des soldats vaillants 
et même si je devais rester seule
je ne cesserai de te faire face. 



mercredi 14 novembre 2012

Conte inachevé

Il était une fois un garçon qui s'était enfui de sa maison. De son père, il n'avait connu que les brimades, jugements et coups. De sa mère, aucun amour ni protection. Il partit rebâtir sa vie et ce, depuis le tout début: rebâtir son enfance.
Il lui fallût une mère qui lui permette de jouer sans aucune limite ni loi, qu'elle soit toute confiance, douceur, protection, amour pour lui afin qu'il retrouve le goût de l'oiseau. Et aussi qu'il se trouvât beau et grand. Il la rencontra et lui donna tout ce qu'il voulait, et même encore plus.
Devenu oiseau, il sentit alors qu'il lui fallait désormais un sol, une colonne vertébrale. Il ressentit limites et frustrations mais il se tut et commença à s'absenter. La nouvelle maison qui avait perdu tout son intérêt, lui sembla tout à coup bien fade, et bientôt, il n'en eut plus besoin. Il se mit à la déconsidérer. Peu à peu, il ne s'essuya plus les pieds avant de passer la porte, ne prit plus la peine de dire bonjour et râla lorsque celle-ci (et les autres) ne lui donnait pas ce qu'il était en mesure et droit d'attendre, lui, devenu si important.
Un matin, il partit, lui déclarant qu'il était devenu grand et fort. "A présent, il faut que je construise ma propre morale. Il faut que je me trouve un père". Elle le félicita de sa nouvelle force et courage et malgré son chagrin, fut sincèrement heureuse de ce dénouement.

Mais, dans le village, ni tiers ni père en vue pour une juste et sereine séparation: ils devaient se débrouiller seuls.
Alors tout alla mal car les liens étaient encore forts et le garçon ne prenait garde à là où il coupait. Il se mit à trancher dans le vif, se moquant des plaies qu'il pouvait occasionner: il était pressé.
La femme ne le reconnut plus: lui, si doux d'ordinaire, devenait grossier et méprisant à son égard. Au lieu de vivre tout cela avec distance et humour,  un soir, elle craqua et se mit en colère.
Elle lui signifia qu'elle était déçue et lui lança des reproches. Le garçon se sentit projeté à nouveau dans son ancienne prison. Il la traita de sorcière et claqua définitivement la porte sur elle, cette même porte qu'elle lui avait ouverte un jour.

La femme, abasourdie, regretta sincèrement son geste et lui demanda pardon mais le garçon n'en voulut rien savoir. Son coeur semblait être devenu de pierre. En vrai, il se méfiait dorénavant de tout sentiment. Son visage avait changé et dans le village plus personne ne le reconnaissait: il était devenu dur et brutal et moqueur.
C'en était fini de son affabilité. Il dénigra publiquement celle qui l'avait accueilli, puis très vite se comporta de même avec tous les habitants du village qui l'avaient aussi nourri. Il cracha sur cette vie qu'il voulait quitter, cracha sur elle et sur les autres, insulta tout le monde et détruisit la maison qui l'avait, un temps, réconcilié avec lui-même.
Lorsqu'on lui demandait la raison de tout ceci, il répondait qu'il fallait qu'il protège sa liberté, qu'il ne voulait plus d'attache quelconque. Dorénavant, plus rien n'existait à ses yeux que lui-même. Il rompit tous les engagements pris et dansa de joie, ignorant la société des hommes.
Il se montra surtout de plus en plus cruel, mais toujours loin, plein de lâcheté, évitant soigneusement toute confrontation.
La femme supplia chacun des habitants de l'aider: le garçon se cherchait un père, il était en train de se perdre, ayant fait sauter toute limite, toute structure, il confondait tout, il lui fallait une Loi et une vraie reconnaissance. Elle-même était impuissante, à la place où elle était. Elle ne trouva personne parmi les hommes du village, car, découvra-t-elle, chacun d'eux avait eu son histoire secrète et douloureuse avec son propre garçon et aucun ne se sentait assez courageux ni désireux de jouer un tel rôle.
Les villageois, lâches, lui répondirent: "Laissons-le, ce n'est qu'un sot et un méchant, la vie se chargera de lui apprendre. Un jour, il se recevra un tel coup qu'il se mettra à réfléchir."

La femme alors retourna à sa maison, qui n'était plus qu'un gigantesque champ de ruines et pleura sur la lâcheté du monde et le gâchis de toute cette histoire.  Elle écrivit une lettre qu'elle ne lui envoya jamais car il n'aurait pu la comprendre: "La liberté que tu revendiques n'est accompagnée d'aucune autre valeur (la fraternité), elle n'est que tyrannie, la loi de celui qui impose la sienne: liberté absolue. Celle-la même que tu as rejetée un jour très lointain. Je t'en prie, pose-toi et entends-nous : tu n'es pas en danger et tu peux très bien partir dignement, en nous regardant en face. Nul besoin de fuir ni de "sauver ta peau" et de tout saccager, ni de transformer ton coeur en pierre.

Cependant, elle seule connaissait son histoire et touchée, continuait à lui pardonner tout: elle ne haussa jamais la voix, malgré la violence des paroles et coups qu'elle recevait. Elle souriait et encaissait bravement, mais les blessures furent de plus en plus nombreuses et lourd était le poids qu'elle s'obligeait à porter. Trop lourd. Un nuit, elle sombra d'épuisement et de folie et se comporta d'une manière si chaotique qu'elle fit le vide autour d'elle.
Ce ne fut qu'après de très longs mois de solitude qu'elle retrouva la force de se relever et de penser à elle-même. La première chose qu'elle fit fut de reconstruire sa maison et de lui redonner sa beauté d'antan. Puis petit à petit, elle put se remettre au travail et retrouva bientôt foi et confiance dans la vie et les hommes. Parfois, lorsque la douleur remontait, elle la chassait, souriante, en se disant qu'un jour, le garçon, devenu homme, finira bien par recouvrir la vue et revenir frapper au carreau pour la saluer et rire de tout cette histoire. Et puis, ne fallait-il pas qu'il traverse le monde, fasse ses propres expériences ? Ce n'était pas à elle de l'aider, non, surtout pas et il en était bien ainsi.

Quant au garçon, il quitta le village et s'en fut à la ville, et grâce à la lettre qu'elle lui avait donnée à son départ, vit s'ouvrir les portes de sa nouvelle demeure: celle du père qu'il s'était choisi.

La chute fut rude, mais il trouva ce qu'il était allé cherché: des regards sans complaisance, du réel, du corps, du tangible, du mesurable, du sérieux. Du "vrai", quoi. De la distance. Education à la dure...  L'exact opposé de ce qu'il avait goûté auparavant.
Il respecta ses nouveaux maîtres et les adula, comme il avait fait, un temps, avec sa mère adoptive.

Au jour d'aujourd'hui, son apprentissage n'est pas terminé. Personne n'a de nouvelles de lui. Mais des témoins racontent que ses nouveaux camarades se comportent en princes sûrs et imbus d'eux-mêmes et que dans le château, parmi les élèves, il y règne excellence et orgueil.
Mais la femme aime à croire (espérer ?) que tout ceci n'est qu'un détail et que ces choses-là glissent sur le garçon, si occupé à découvrir et vivre en profondeur un évènement de taille: l'apprentissage par le père. Et elle sait combien l'apprentissage sera long et que de nombreux pères devront se succéder avant que le garçon ne rencontre celui qu'il cherchait, celui qui devait lui transmettre la loi humaine: respect et amour de l'autre, "sa colonne vertébrale", comme il aimait le dire, avant qu'il ne se forme réellement à devenir homme.
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Ce conte reste inachevé.
L'apprentissage ayant tout juste commencé,  tout est encore possible - surtout dans un conte...

dimanche 11 novembre 2012

Fuir


Dans cette forteresse
Personne pour t'apprendre à partir
Personne il n'y avait personne
Sauf ces crochets couvercles
Serrures sombres et mains glacées.
Personne.

Comment dire au revoir,
Tu ne le sais pas
Mais à la place
Cours cours !
Jette jette !
L'autre
Loin très loin,
cet autre devenu l'Ennemi.

Bombes jetées
En arrière 
Sans regard pour qui saigne
Pour qui ne sait pas.
Pulvérisé, le bras tendu
Fracassée, la main qui te retient 
Pour un doux adieu.

Mots sauvages
Rire plein les dents
Pas de pitié
Pour les paysages détruits
Plus d'amour pour ceux que tu quittes

Rien que ta tête ta tête
Ta tête folle confondant le visage
De ceux que tu aimes
Avec celui de tes assassins

Plus de pitié
Plus de regard en arrière
Pour celui qui n'a jamais appris
Comment partir
Mais
Seulement fuir.

vendredi 13 juillet 2012

Le cauchemar d'Ariane



THÉSÉE 
Je n'irai pas

ARIANE
Quoi ? mais hier à peine tu étais dans l'élan...

THÉSÉE 
Tout cela est arrivé trop vite

ARIANE
Je ne te reconnais plus

THÉSÉE
Je me suis vu tout à l'heure
Je suis creux, vide et insignifiant
Je vais dormir et ne veux plus entendre tout cela
Tu m'as raconté des bobards et m'as menti
Je ne t'ai jamais rêvé, c'est toi qui me rêvait.
Tu m'as ensorcelé et perdu
Ton fil n'est pas pour moi 
La peur est au bout 
Rien qu'un fil à réveiller mes démons

ARIANE
Ô homme ce fil est pur et beau 
Beau comme le premier jour où il s'est déplié
Te reconnaissant comme visage.
Il a la vigueur de tes doigts
Et étincelle comme tes yeux.
Je l'ai déroulé pour toi
Il a ta taille, déjà ton odeur
J'ai attendu tout ce temps 
Le fil ne ment pas
Pour moi tu es le frère, le fils et l'amant
Que je dois conduire

THÉSÉE
Tu délires

ARIANE
Non
Ceci est mon rêve 
Rien que du bon vieux rêve puissant à emporter
Tous les navires du monde
Les fils de l'homme.
Mon rêve vrai. 
Ne l'abandonne pas.
N'écoute pas la voix de la vérité
Elle a le costume du mensonge.
Elle n'est que chant à t'emporter
Dans la nuit de l'océan
Loin du vrai Thésée.
Le miroir de l'eau est trompeur
Il ne reflète que ce qui est
Et non ce qui viendra.
Ecoute -moi,
Si tu pars
Tu entreras dans la nuit des hommes qui sombrent
Tes yeux n'ont déjà plus de lumière
Tu te rapetisses
Ecoute-moi
Vois-moi
Ne m'oublie pas
Ne rentre pas dans cette nuit qui va te recouvrir
Qui me transformera, moi, en ombre
Et rendra mes formes lointaines, incompréhensibles.
Oh n'y rentre pas
Déjà tu t'éloignes
Et je ne suis plus que forme
Ombre mauvaise.
Tu as déjà oublié.
Si tu rentres dans cette nuit
Oh n'y rentre pas
Oh n'y rentre pas
Si tu rentres dans cette nuit
Tu me perds et tu te perds
Vois
Je ne suis plus qu'ombre
Ton ombre ton fantôme
La forme de ce qui te fait partir
Ta mémoire insupportable
Oh n'y rentre pas
Si j'agite la main tu ne verras que souffle mauvais
Si je souris tu ne verras que dévoration
Si je chante tu entendras possession
Vois
Ne rentre pas dans cette nuit noire
N'y rentre pas.
Nous sommes perdus
Tu as tout effacé et
Tout or a disparu
De nos doigts
Tout notre or
Tu l'as jeté
Tout notre or

THESÉE
Va-t-en sorcière

ARIANE
Je n'ai plus de fil

L'enfant qui cherche le ciel

L'enfant s'enfuit, court court
aussi loin qu'il peut
L'enfant qui cherche.
Le sol se dérobe, il saute
Ni semelles ni chaussures.
Dans sa course, ses membres s'allongent
l'enfant qui cherche le ciel
devenu homme tout à coup
trop vite.

Le paysage lui sourit
pas le temps pas le temps !
et quoi répondre ?
un tel sourire lui est étranger !

Quelqu'un ouvre sa porte
il rentrera en coup de vent
après s'être réchauffé
lui qui a toujours froid.
Le feu lui sourit la flamme le saisit
là
là où est son diamant.
Un temps
puis claque la porte claque claque
lame tranchante
Et court court aussi loin qu'il peut
L'enfant qui cherche le ciel.

Dedans quelqu'un saigne et crie
mais fermée à clé la porte
et la clé dans la poche
jamais rendue.

Court court l'enfant voleur
de maison en maison
de château en château
et jamais ne s'arrête
semant prisons et hurlements
partout dans le clair paysage.

L'enfant qui cherche le ciel.
Parcelles de nuit en son coeur
étoiles dans les yeux
sauts aveugles
L'enfant qui cherche son diamant

mercredi 4 juillet 2012

Pensées

PENSÉE INQUIÈTE

Cette nuit, subitement,
réveillée par une pensée:
si jamais j'allais partir
sans qu'il n'ait jamais levé
ses terribles accusations

Ni effacé les insultes et le mépris
envers ceux qui l'ont accueillis

L'irrationnel aura été alors
le seul diable dans cette histoire
le seul victorieux



PENSÉE BONNE

Prend tout ton temps,
oiseau blanc
Prend toute la mer
Et tous les fleuves du monde
et navigue à ta guise.

Pose toi sur chacune des branches,
les douces comme les amères
et goûte à chaque arbre.

Connais les orages
et les bleus purs des montagnes.
Connais les noirs précipices
et les souffles mystérieux des hommes

Visite la lumière flamboyante
et essaie chaque couronne

Prend tout ton temps,
oiseau blanc
Prend toute la mer et tous les fleuves du monde
et navigue à ta guise.

De très loin, me tiendrai,
je te le promets
hors de ta mémoire,
muette



PENSÉE NOIRE

Tombe et marche
là où tu m'as fait trébuchée
longuement et sans sens



PENSÉE PESANTE

Souviens-toi.



PENSÉE SECOURANTE

Pose-toi et va trouver
celui qui te dira le monde.
Ceux qui t'aiment
ne brandissent aucune arme.
Personne ne s'est inventé tout seul.
Apaise-toi et va trouver
celui qui te portera secours.
Celui-là existe et attend que tu le désignes.
Un maître. Un homme mûr.
Désigne-le

samedi 12 novembre 2011

Reproduction

Il y a une universalité de ce que tu as goûté comme "occupation" étant enfant. 
Il y a une universalité de cette guerre que tu as déclenchée un jour à tes ennemis de la maison
Ces ennemis qui ont mis sens dessus dessous le monde des hommes et toutes les valeurs humaines  - au point que tu ne saches plus faire la différence entre le pur et l'impur.
Il y a la trahison que tu connais par coeur et que tu m'as fait boire aussi.
 "Ces ennemis de l'intérieur" qui ne te lâchent pas et s'amusent parfois à planter leurs maison-tranchée-prison devant les pas que tu fais et défigurent le paysage - la beauté - que tu traverses ou que tu crées avec d'autres. 
...............
Il y a enfin la tyrannie et le gel de toute émotion.


mardi 8 novembre 2011

Ophélie


Le Temps est hors de ses gonds.
Malheur à moi qui ai vu ce que je n'aurais pas dû voir.
......
Tout est dit