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jeudi 24 octobre 2013

Le voile tombe

Oh douleur sans mot
pour celui qui a vraiment disparu
un été - bonté aux lèvres.

Oh fourvoiement stérile
à l'égard de celui qui joue à disparaître
danse vaine.

Oh douleur sans mot
pour celui dont on ne peut se souvenir
sans être transpercée

Oh douleur sans mot
chair à jamais retournée
où trouver sa place ?

Oh erreur erreur deuil toujours là
tombe noire

Oh erreur tombe erreur stupide erreur
tombe noire - mon lit

C'était lui et pas l'autre.
Un été parti
les mains vides, lui
et pas l'autre.

Les orchidées attendent toujours.


samedi 5 octobre 2013

Nuit sans retour


Ce qui s'était passé - dans ces années noires:
Un acte infime, parfois, vous fait sortir hors de la forêt mystérieuse et bienveillante que vous vous êtes choisie - pour vie. L'arrachage à soi qui s'ensuit peut vous faire perdre votre âme, vous propulser dans la nuit froide dans laquelle plus aucun vent ne souffle.
Alors -

Vous demeurez immobile. Un mensonge a retourné le paysage et la forêt n'est plus.

mardi 1 janvier 2013

Cordélia


Folie la tentation, toujours et encore...

Dialogue entre Cordélia et le Monde

- Où es-tu, toi dont je ne vois plus que le dos ?
- Là où mes pieds m'emmènent et nulle part ailleurs.
Lâche-moi.
- Je t'ai vu de face, un jour.
- Ceci est mon vrai visage, sache-le.
- Retourne-toi et regarde-moi.
- Illusion ! Tu as rêvé je te dis. C'est toi le mensonge.
Toi qui, dans ta folie et ton orgueil, t'obstine à tordre le cou 
à chaque parcelle du monde afin de lui faire avouer sa beauté.
Va-t-en maudite sirène. Je suis né boiteux et
te jette mon diamant - ton or ? à la figure.
- Retourne-toi et regarde-moi. Tu es beau
- Reprends ton bien,
ton rêve fumeux et ensorcellant
et fais-toi en une corde.
Tord-toi le cou avec
et que je n'entende plus 
ta poésie
- Je chanterai et lèverai une armée contre toi
et bataillerai jusqu'à ce que tu cèdes.
- Des guerriers, ta misérable troupe ?
- Des soldats vaillants 
et même si je devais rester seule
je ne cesserai de te faire face. 



mercredi 5 septembre 2012

Orgueil et servilité


D'où tires-tu un tel orgueil ? 
de ton père qui jamais ne s'est excusé ?
de ta peur ?

Que de choses belles et profondes rates-tu 
souriantes comme la mer quand elle vient heurter notre visage

Que ne connais-tu la vraie humilité
celle qui nous fait recevoir avec le désir vrai de grandir 
et de goûter l'amitié de celui qu'on a violenté.

Si tu savais combien celle-ci peut être d'une telle chaleur 
toi si souvent à la recherche de douceur
"douillet" disais tu...

Que ne connais-tu la vraie humilité
et non point la servilité, 
oh celle-là comme j'ai pu la détester ! celle qui me hissait à un rang 
où je n'étais pas, où je ne voulais pas être
nous rêvant égaux et camarades.

Mais... j'étais "trop grande", disais-tu au moment de ton départ,
pour être, disais-tu,  ton "amie".

Oh pressentiment des jours sombres qui allaient suivre

Tu avais inventé de toutes pièces une idole et 
un beau jour, tu l'as brisée pour aller, sans doute, en construire
une autre ailleurs.

D'où tires-tu ton orgueil et comment le briser
sans te faire chuter dans la servilité ?




samedi 14 juillet 2012

L'ange



Les rêves tournoient au-dessus de la ville,
ne sachant où se poser.
La nuit, je questionne l'ange
devenu muet,
Et toujours
Recommencer insatiablement
le même geste
Avancer

vendredi 13 juillet 2012

Le cauchemar d'Ariane



THÉSÉE 
Je n'irai pas

ARIANE
Quoi ? mais hier à peine tu étais dans l'élan...

THÉSÉE 
Tout cela est arrivé trop vite

ARIANE
Je ne te reconnais plus

THÉSÉE
Je me suis vu tout à l'heure
Je suis creux, vide et insignifiant
Je vais dormir et ne veux plus entendre tout cela
Tu m'as raconté des bobards et m'as menti
Je ne t'ai jamais rêvé, c'est toi qui me rêvait.
Tu m'as ensorcelé et perdu
Ton fil n'est pas pour moi 
La peur est au bout 
Rien qu'un fil à réveiller mes démons

ARIANE
Ô homme ce fil est pur et beau 
Beau comme le premier jour où il s'est déplié
Te reconnaissant comme visage.
Il a la vigueur de tes doigts
Et étincelle comme tes yeux.
Je l'ai déroulé pour toi
Il a ta taille, déjà ton odeur
J'ai attendu tout ce temps 
Le fil ne ment pas
Pour moi tu es le frère, le fils et l'amant
Que je dois conduire

THÉSÉE
Tu délires

ARIANE
Non
Ceci est mon rêve 
Rien que du bon vieux rêve puissant à emporter
Tous les navires du monde
Les fils de l'homme.
Mon rêve vrai. 
Ne l'abandonne pas.
N'écoute pas la voix de la vérité
Elle a le costume du mensonge.
Elle n'est que chant à t'emporter
Dans la nuit de l'océan
Loin du vrai Thésée.
Le miroir de l'eau est trompeur
Il ne reflète que ce qui est
Et non ce qui viendra.
Ecoute -moi,
Si tu pars
Tu entreras dans la nuit des hommes qui sombrent
Tes yeux n'ont déjà plus de lumière
Tu te rapetisses
Ecoute-moi
Vois-moi
Ne m'oublie pas
Ne rentre pas dans cette nuit qui va te recouvrir
Qui me transformera, moi, en ombre
Et rendra mes formes lointaines, incompréhensibles.
Oh n'y rentre pas
Déjà tu t'éloignes
Et je ne suis plus que forme
Ombre mauvaise.
Tu as déjà oublié.
Si tu rentres dans cette nuit
Oh n'y rentre pas
Oh n'y rentre pas
Si tu rentres dans cette nuit
Tu me perds et tu te perds
Vois
Je ne suis plus qu'ombre
Ton ombre ton fantôme
La forme de ce qui te fait partir
Ta mémoire insupportable
Oh n'y rentre pas
Si j'agite la main tu ne verras que souffle mauvais
Si je souris tu ne verras que dévoration
Si je chante tu entendras possession
Vois
Ne rentre pas dans cette nuit noire
N'y rentre pas.
Nous sommes perdus
Tu as tout effacé et
Tout or a disparu
De nos doigts
Tout notre or
Tu l'as jeté
Tout notre or

THESÉE
Va-t-en sorcière

ARIANE
Je n'ai plus de fil

Pour L...


La sirène a retentit
Dans mes mains vides,
Coquillages inutiles.

La mer t'a repris, sombre
Et rancunière,
Effaçant jusqu'à ton nom,
Géant cormoran.

Par un éclatement des vaisseaux,
Tu t'en es allé rejoindre tous les tiens
Laissés loin derrière.

Gais étaient nos chants et nos murmures.

Jeté à la place,
Un poème
En mémoire de ton rire.

Sur ta veste, les étoiles continuent de briller

vendredi 15 juin 2012

Les Pères dévorateurs


Quand s'arrêtera-t-il le Temps des Pères 
Broyeurs d'enfants
Dieux dévoreurs Ouragan et Typhon 
riant aux désordres de leurs gestes infanticides.
Crocs en jambe fatals des Pères Bouchers
Cris noirs
Géographie folle
Balancés à bout de bras, les petits,
tête en bas
la main crochet comme seul repère 
afin de mieux leur faire goûter la mort.

Pris et repris sans trève
Enfants ingurgités à l'envers
dans la matrice paternelle.
Chaos, poison semence déposée dans chacun d'eux.
Montagnes noires
Balancés et retournés les petits 
Happés et rendus au secret
éternel
Cris dans le vide ventre des Ogres
Muets, langue jamais apprise
En guise de visage, le lieu de défécation 
et comme seul Ciel les dents rieuses
de l'Ouragan
Rejetés loin 
Très loin de tout amour
Jetés sans compassion au cachot.
Renversé, le monde.
Balancés à bout de bras, les petits,

L'amie est là qui pleure
bras tendus.
Il fait nuit.
---------

"La douleur de l'autre à ton endroit, jamais tu ne pourras l'entendre, la prenant toujours pour celle que l'autre t'a fait goûté, dans le passé, jusqu'au vomissement"

samedi 5 mars 2011

Rêve

La guerre m'a été déclarée une nuit. Je ne m'y attendais pas.
Sortis des placards, les monstres - nuit noire des mondes souterrains - se sont réveillés et sur moi est tombée la sanction - lame tranchante.
La guerre a surgi une nuit et m'a séparée en deux exigeant le sacrifice ultime.
Agissant du plus profond de leurs cachots, à distance, les Pères, par leur seule force d'esprit, ont distillé leur venin, contaminant ceux qui vivent dehors, ceux qui les ont fui et leur contamination est arrivée jusqu'à moi, moi qui leur ai ouvert la porte.
Les Pères ont la force des bourreaux lorsque, riant avec légèreté, ils découpent à vif la personne qu'ils ont enfermés dans leurs chambre à coucher.
Tu es à moi, disent-ils puisque je t'ai créé.
"Mais ne puis-je, moi-même le prendre cet enfant et le re-créer à nouveau ?"
"Non il n'y a plus de possibilité c'est trop tard car il est déjà depuis longtemps notre chose, ne s'appartenant plus totalement lui-même"
Mais celui qui est là, prisonnier, se libère tout à coup et s'enfuit comme un bouc. Il veut aller le plus loin possible dans le plus grand espace.
Mais chaque contact dresse un mur devant lui.
Terrible est la guerre déclarée par les Pères. Qui peut s'en protéger ?
Ils inséminent le crime: ils l'inscrivent au plus profond de la chair et difficile de s'en purifier.

L'amour est innocent.


mercredi 2 février 2011

Confiance


"A certains, tu ne dois pas donner la main, mais la patte et je veux que cette patte ait aussi des griffes"
F. Nietzsche

Ou suivre le fleuve Virginia...

« Il faut être sceptique, certes, mais il faut aussi savoir jeter au vent la méfiance, et accepter sans restriction ce qui se présente quand la porte s’ouvre. (…) Et c’est ainsi qu’on laisse descendre son filet de plus en plus loin de la surface, pour le retirer ensuite avec précaution, et ramener à la lumière ce que ces hommes et ces femmes ont dit, et en faire un poème. » 
Virginia Woolf - Les Vagues

LA SEULE RÉPONSE QU'IL NOUS RESTE : NE PAS DÉSESPÉRER DE CRÉER DE LA BEAUTÉ

JE T'AI DONNÉ MON OR ET TU M'AS DONNÉ LE TIEN
JE T'AI CRIÉ: "SOLEIL !"
ET NOUS AVONS BRICOLÉ ENSEMBLE
DE BELLES IMAGES
A RENDRE JALOUX LES DIEUX
MAIS BIENTÔT TROP ÉTROITE, MA CABANE
IL TE FALLAIT LE MONDE
ET UN MATIN TU ES PARTI
ET JE T'AI CRIÉ: "SOLEIL !"
MAIS L'OR AVAIT COMMENCÉ À SE TERNIR.
TU ÉTAIS DÉJÀ AILLEURS
LE PRÉSENT DÉJÀ TU NE LE VOYAIS PLUS
OCCUPÉ À CHEVAUCHER TA MONTURE
REGARDANT LOIN DEVANT TOI, PIÉTINANT
CELLE QUI T'ÉTAIT DEVENU INVISIBLE.
DEVANT LE CHATEAU
TU T'ES RETOURNÉ CEPENDANT
ET CE DERNIER SOLEIL QUE TU ME DEMANDAIS
QUE MOI SEULE POUVAIT T'OFFRIR
JE TE L'AI DONNÉ
ET JE T'AI CRIÉ: "SOLEIL !"
TU EN AS PRIS TOUTE LA LUMIÈRE
AVANT DE ME LE REJETER
MASSE SOMBRE ET NOIRE
VIOLENCE DÉFINITIVE.
ET MOI QUI AVAIS ÉTÉ TOUT CE LONG TEMPS
"À LA MÊME PLACE BELLE" COMME TU AIMAIS LE DIRE
AUTREFOIS
MOI, POUR LA PREMIÈRE FOIS,
JE NE L'AI PLUS ÉTÉ.
GLISSÉ ET CHUTÉ
C'EN ÉTAIT FAIT
PLUS D'OR
PLUS D'OR DU TOUT DANS NOS MAINS
ET TOI
TU ES RENTRÉ DANS TA NUIT
CETTE LONGUE NUIT
OÙ TU ES
ENCORE
ET DU SOLEIL TU N'EN VEUX PLUS