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jeudi 24 octobre 2013

Le voile tombe

Oh douleur sans mot
pour celui qui a vraiment disparu
un été - bonté aux lèvres.

Oh fourvoiement stérile
à l'égard de celui qui joue à disparaître
danse vaine.

Oh douleur sans mot
pour celui dont on ne peut se souvenir
sans être transpercée

Oh douleur sans mot
chair à jamais retournée
où trouver sa place ?

Oh erreur erreur deuil toujours là
tombe noire

Oh erreur tombe erreur stupide erreur
tombe noire - mon lit

C'était lui et pas l'autre.
Un été parti
les mains vides, lui
et pas l'autre.

Les orchidées attendent toujours.


vendredi 12 juillet 2013

Souvenir

Ce soir, elle se souvint de lui et devant l'immobilisme de la situation, elle sourit tristement à l'idée que le papier de toute cette histoire s'effritera bien vite, de lui-même, et ne deviendra plus que laideur et médiocrité. Envolés les sommets ! Effacées les montagnes ! Jamais existés les rêves fous et même les échecs joyeux ! Plus d'illusions !
Contre cela, elle avait lutté de toutes ses forces. Elle s'était cassé les ongles et les mains, puis le coeur mais on ne peut rien contre la pierre, pensa-t-elle, la peur devenue pierre.
Elle aurait bien voulu que de l'autre côté, il y eut combat - même contre elle. Mais même cela n'avait pas existé: que la fuite et ce gigantesque brouillard qui maintenait le monde dans ses diaboliques origines - origines, pourtant, par les mots, honnies.

L'artiste, n'était-il pas celui qui ne pouvait s'empêcher de traquer - sublimer ? - la beauté en toutes choses ? S'était-elle trompée sur lui ?

Cette laideur, qu'elle n'avait pas du tout souhaitée, arrivait à grands pas et il fallait qu'il agisse vite, à présent, s'il ne voulait pas qu'elle colore tout le passé commun.



mercredi 24 avril 2013

Enfin

Lâcher
Ne plus rien comprendre
Ne plus rien vouloir
Laisser
Aller
Les eaux souterraines
Se souvenir
Qu'elles ont leur part
De secret
...
Ne pas troubler
L'eau
du fleuve

Ne pas le remuer
Telle avait été
Sa
      faute
                innocente
----------

Car enfin l'homme s'était perdu - voilà tout
et s'étant perdu avait commis des "mochetés" comme disent les enfants.
N'étant que préoccupé par lui-même, à se trouver.
"Tu te perds"

jeudi 8 juillet 2010

Une histoire belle comme le commencement du monde

Sur le plateau, une fille s'avance, questionnant le public:

"Qui me reconnait ? Y a-t-il quelqu'un ? Qui peut me dire si je fais bien de m'agiter de la sorte ? 

Il m'est arrivé une histoire comme je n'aurais jamais pu imaginer... Je ne pensais pas que c'était possible que je vive une histoire pareille. Ca n'existe qu'en rêve.... une histoire belle comme le commencement du monde... je voudrais tellement vous la raconter... Si cela ne tenait qu'à moi, mais je ne peux pas, c'est un secret...

Qui peut me dire ? Parce que je me dépense beaucoup, figurez-vous. Quelqu'un peut-il me dire si je... construis vraiment quelque chose ?"

Silence. Elle part.

Plus tard, tenant à la main un papier:

"Une histoire belle comme le commencement du monde, là... si je pouvais la raconter... une histoire comme on ne peut pas l'imaginer... 
Mais je ne peux pas la dire... elle exploserait et disparaitrait... ce n'est pas mon secret

Qui peut me dire si je fais bien de... ? Parce que je me dépense beaucoup, figurez-vous. Quelqu'un peut-il me dire si je... construis vraiment quelque chose ?"

Elle essaie de chanter. On ne sait si elle pleure ou sourit, les deux probablement. Elle repart.

Et ainsi de suite, jusqu'à la fin du spectacle.