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dimanche 11 novembre 2012

Fuir


Dans cette forteresse
Personne pour t'apprendre à partir
Personne il n'y avait personne
Sauf ces crochets couvercles
Serrures sombres et mains glacées.
Personne.

Comment dire au revoir,
Tu ne le sais pas
Mais à la place
Cours cours !
Jette jette !
L'autre
Loin très loin,
cet autre devenu l'Ennemi.

Bombes jetées
En arrière 
Sans regard pour qui saigne
Pour qui ne sait pas.
Pulvérisé, le bras tendu
Fracassée, la main qui te retient 
Pour un doux adieu.

Mots sauvages
Rire plein les dents
Pas de pitié
Pour les paysages détruits
Plus d'amour pour ceux que tu quittes

Rien que ta tête ta tête
Ta tête folle confondant le visage
De ceux que tu aimes
Avec celui de tes assassins

Plus de pitié
Plus de regard en arrière
Pour celui qui n'a jamais appris
Comment partir
Mais
Seulement fuir.

mercredi 10 octobre 2012

Il fut un temps

Les armes pour te défendre
tu me les as toutes ôtées
une à une
et ne reste plus rien.

Sais-tu seulement
ce que tu as fait ?
Le monde à tes trousses.

Il fut un temps où
tu pouvais regarder dans les yeux
les mains ouvertes.


vendredi 15 juin 2012

Les Pères dévorateurs


Quand s'arrêtera-t-il le Temps des Pères 
Broyeurs d'enfants
Dieux dévoreurs Ouragan et Typhon 
riant aux désordres de leurs gestes infanticides.
Crocs en jambe fatals des Pères Bouchers
Cris noirs
Géographie folle
Balancés à bout de bras, les petits,
tête en bas
la main crochet comme seul repère 
afin de mieux leur faire goûter la mort.

Pris et repris sans trève
Enfants ingurgités à l'envers
dans la matrice paternelle.
Chaos, poison semence déposée dans chacun d'eux.
Montagnes noires
Balancés et retournés les petits 
Happés et rendus au secret
éternel
Cris dans le vide ventre des Ogres
Muets, langue jamais apprise
En guise de visage, le lieu de défécation 
et comme seul Ciel les dents rieuses
de l'Ouragan
Rejetés loin 
Très loin de tout amour
Jetés sans compassion au cachot.
Renversé, le monde.
Balancés à bout de bras, les petits,

L'amie est là qui pleure
bras tendus.
Il fait nuit.
---------

"La douleur de l'autre à ton endroit, jamais tu ne pourras l'entendre, la prenant toujours pour celle que l'autre t'a fait goûté, dans le passé, jusqu'au vomissement"

samedi 12 novembre 2011

Reproduction

Il y a une universalité de ce que tu as goûté comme "occupation" étant enfant. 
Il y a une universalité de cette guerre que tu as déclenchée un jour à tes ennemis de la maison
Ces ennemis qui ont mis sens dessus dessous le monde des hommes et toutes les valeurs humaines  - au point que tu ne saches plus faire la différence entre le pur et l'impur.
Il y a la trahison que tu connais par coeur et que tu m'as fait boire aussi.
 "Ces ennemis de l'intérieur" qui ne te lâchent pas et s'amusent parfois à planter leurs maison-tranchée-prison devant les pas que tu fais et défigurent le paysage - la beauté - que tu traverses ou que tu crées avec d'autres. 
...............
Il y a enfin la tyrannie et le gel de toute émotion.


samedi 5 mars 2011

Rêve

La guerre m'a été déclarée une nuit. Je ne m'y attendais pas.
Sortis des placards, les monstres - nuit noire des mondes souterrains - se sont réveillés et sur moi est tombée la sanction - lame tranchante.
La guerre a surgi une nuit et m'a séparée en deux exigeant le sacrifice ultime.
Agissant du plus profond de leurs cachots, à distance, les Pères, par leur seule force d'esprit, ont distillé leur venin, contaminant ceux qui vivent dehors, ceux qui les ont fui et leur contamination est arrivée jusqu'à moi, moi qui leur ai ouvert la porte.
Les Pères ont la force des bourreaux lorsque, riant avec légèreté, ils découpent à vif la personne qu'ils ont enfermés dans leurs chambre à coucher.
Tu es à moi, disent-ils puisque je t'ai créé.
"Mais ne puis-je, moi-même le prendre cet enfant et le re-créer à nouveau ?"
"Non il n'y a plus de possibilité c'est trop tard car il est déjà depuis longtemps notre chose, ne s'appartenant plus totalement lui-même"
Mais celui qui est là, prisonnier, se libère tout à coup et s'enfuit comme un bouc. Il veut aller le plus loin possible dans le plus grand espace.
Mais chaque contact dresse un mur devant lui.
Terrible est la guerre déclarée par les Pères. Qui peut s'en protéger ?
Ils inséminent le crime: ils l'inscrivent au plus profond de la chair et difficile de s'en purifier.

L'amour est innocent.