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mardi 1 janvier 2013

Cordélia


Folie la tentation, toujours et encore...

Dialogue entre Cordélia et le Monde

- Où es-tu, toi dont je ne vois plus que le dos ?
- Là où mes pieds m'emmènent et nulle part ailleurs.
Lâche-moi.
- Je t'ai vu de face, un jour.
- Ceci est mon vrai visage, sache-le.
- Retourne-toi et regarde-moi.
- Illusion ! Tu as rêvé je te dis. C'est toi le mensonge.
Toi qui, dans ta folie et ton orgueil, t'obstine à tordre le cou 
à chaque parcelle du monde afin de lui faire avouer sa beauté.
Va-t-en maudite sirène. Je suis né boiteux et
te jette mon diamant - ton or ? à la figure.
- Retourne-toi et regarde-moi. Tu es beau
- Reprends ton bien,
ton rêve fumeux et ensorcellant
et fais-toi en une corde.
Tord-toi le cou avec
et que je n'entende plus 
ta poésie
- Je chanterai et lèverai une armée contre toi
et bataillerai jusqu'à ce que tu cèdes.
- Des guerriers, ta misérable troupe ?
- Des soldats vaillants 
et même si je devais rester seule
je ne cesserai de te faire face. 



mercredi 14 novembre 2012

Je ne peux oublier

Ton désordre venu de ta prison,
Tu me l'as fait boire jusqu'à la lie
Et le visitant, je m'y suis perdue

Je n'aurais jamais du te suivre
Mais je ne pouvais oublier ta lumière
Et ta soif inextinguible de pureté

Je ne crois pas avec les autres
Que tu n'es qu'à oublier
Même si tout ce que tu fais
Leur donne raison

Et même si c'est cela
Qui te fait me maudire

Je ne peux oublier ta lumière
Et ta soif inextinguible de pureté

mercredi 5 septembre 2012

Orgueil et servilité


D'où tires-tu un tel orgueil ? 
de ton père qui jamais ne s'est excusé ?
de ta peur ?

Que de choses belles et profondes rates-tu 
souriantes comme la mer quand elle vient heurter notre visage

Que ne connais-tu la vraie humilité
celle qui nous fait recevoir avec le désir vrai de grandir 
et de goûter l'amitié de celui qu'on a violenté.

Si tu savais combien celle-ci peut être d'une telle chaleur 
toi si souvent à la recherche de douceur
"douillet" disais tu...

Que ne connais-tu la vraie humilité
et non point la servilité, 
oh celle-là comme j'ai pu la détester ! celle qui me hissait à un rang 
où je n'étais pas, où je ne voulais pas être
nous rêvant égaux et camarades.

Mais... j'étais "trop grande", disais-tu au moment de ton départ,
pour être, disais-tu,  ton "amie".

Oh pressentiment des jours sombres qui allaient suivre

Tu avais inventé de toutes pièces une idole et 
un beau jour, tu l'as brisée pour aller, sans doute, en construire
une autre ailleurs.

D'où tires-tu ton orgueil et comment le briser
sans te faire chuter dans la servilité ?




vendredi 10 février 2012

L'appel à la vie


Le plateau: les histoires qu’on pouvait y raconter était comme l’unique radeau au milieu de l’océan.
Le théâtre c’était comme l’organe qui te manquait: ton poumon
Il y avait une telle soif, un tel appel.
L’appel était si puissant qu’on ne  pouvait qu’y répondre avec la même puissance.
Un appel tel que je me sentais « happée »: un appel inouï qui demandait un en retour un don inouï, total.
C’était « ça, la vraie vie ». 
Un appel qui touchait la chose au-dedans de soi qu’on n’avait jamais senti exister
Un tel appel qui ne pouvait que provoquer un « je suis présente ! »
Alors je t’ai couru après: « Eh toi ! je t’appelle »
Réveil des sens, naissance à soi: tel a été le début de ces aventures.
La découverte du plateau ? la force d’un cyclone.
Jamais rencontré une telle nécessité de faire du théâtre.
Ça ou crever. Il y avait un côté vertigineux: « aspirant » « happant »
Lequel des deux happe l’autre ?
Quelle qu’ait été l’épilogue de ces aventures, quel qu’ait été le regard qu’on pose sur tout ça, je sais qu’elles ont touché, remué l’endroit même qui -
Non. Ce n’est pas une projection, ce n’est pas du mental, ce n'est pas un rêve: c’est mon corps qui se souvient.

samedi 5 mars 2011

Rêve

La guerre m'a été déclarée une nuit. Je ne m'y attendais pas.
Sortis des placards, les monstres - nuit noire des mondes souterrains - se sont réveillés et sur moi est tombée la sanction - lame tranchante.
La guerre a surgi une nuit et m'a séparée en deux exigeant le sacrifice ultime.
Agissant du plus profond de leurs cachots, à distance, les Pères, par leur seule force d'esprit, ont distillé leur venin, contaminant ceux qui vivent dehors, ceux qui les ont fui et leur contamination est arrivée jusqu'à moi, moi qui leur ai ouvert la porte.
Les Pères ont la force des bourreaux lorsque, riant avec légèreté, ils découpent à vif la personne qu'ils ont enfermés dans leurs chambre à coucher.
Tu es à moi, disent-ils puisque je t'ai créé.
"Mais ne puis-je, moi-même le prendre cet enfant et le re-créer à nouveau ?"
"Non il n'y a plus de possibilité c'est trop tard car il est déjà depuis longtemps notre chose, ne s'appartenant plus totalement lui-même"
Mais celui qui est là, prisonnier, se libère tout à coup et s'enfuit comme un bouc. Il veut aller le plus loin possible dans le plus grand espace.
Mais chaque contact dresse un mur devant lui.
Terrible est la guerre déclarée par les Pères. Qui peut s'en protéger ?
Ils inséminent le crime: ils l'inscrivent au plus profond de la chair et difficile de s'en purifier.

L'amour est innocent.


jeudi 8 juillet 2010

Une histoire belle comme le commencement du monde

Sur le plateau, une fille s'avance, questionnant le public:

"Qui me reconnait ? Y a-t-il quelqu'un ? Qui peut me dire si je fais bien de m'agiter de la sorte ? 

Il m'est arrivé une histoire comme je n'aurais jamais pu imaginer... Je ne pensais pas que c'était possible que je vive une histoire pareille. Ca n'existe qu'en rêve.... une histoire belle comme le commencement du monde... je voudrais tellement vous la raconter... Si cela ne tenait qu'à moi, mais je ne peux pas, c'est un secret...

Qui peut me dire ? Parce que je me dépense beaucoup, figurez-vous. Quelqu'un peut-il me dire si je... construis vraiment quelque chose ?"

Silence. Elle part.

Plus tard, tenant à la main un papier:

"Une histoire belle comme le commencement du monde, là... si je pouvais la raconter... une histoire comme on ne peut pas l'imaginer... 
Mais je ne peux pas la dire... elle exploserait et disparaitrait... ce n'est pas mon secret

Qui peut me dire si je fais bien de... ? Parce que je me dépense beaucoup, figurez-vous. Quelqu'un peut-il me dire si je... construis vraiment quelque chose ?"

Elle essaie de chanter. On ne sait si elle pleure ou sourit, les deux probablement. Elle repart.

Et ainsi de suite, jusqu'à la fin du spectacle.