"Les meilleurs histoires sont celles que l'on ne comprend pas"
Brecht (de mémoire)
jeudi 18 août 2011
samedi 25 juin 2011
Pas-de-mots
il est cassé
l'espoir
vent
plume
il s'est cassé
et m'a laissé
là
par terre
comme
rien
la chute raide
du papillon de nuit
le pas-de-mots
il s'en est allé
le rêve
chassé à coup
de mots
mal placés
il est parti
le rêve
dans son lieu d'origine
pendu
samedi 5 mars 2011
Rêve
La guerre m'a été déclarée une nuit. Je ne m'y attendais pas.
Sortis des placards, les monstres - nuit noire des mondes souterrains - se sont réveillés et sur moi est tombée la sanction - lame tranchante.
La guerre a surgi une nuit et m'a séparée en deux exigeant le sacrifice ultime.
Agissant du plus profond de leurs cachots, à distance, les Pères, par leur seule force d'esprit, ont distillé leur venin, contaminant ceux qui vivent dehors, ceux qui les ont fui et leur contamination est arrivée jusqu'à moi, moi qui leur ai ouvert la porte.
Les Pères ont la force des bourreaux lorsque, riant avec légèreté, ils découpent à vif la personne qu'ils ont enfermés dans leurs chambre à coucher.
Tu es à moi, disent-ils puisque je t'ai créé.
"Mais ne puis-je, moi-même le prendre cet enfant et le re-créer à nouveau ?"
"Non il n'y a plus de possibilité c'est trop tard car il est déjà depuis longtemps notre chose, ne s'appartenant plus totalement lui-même"
Mais celui qui est là, prisonnier, se libère tout à coup et s'enfuit comme un bouc. Il veut aller le plus loin possible dans le plus grand espace.
Mais chaque contact dresse un mur devant lui.
Terrible est la guerre déclarée par les Pères. Qui peut s'en protéger ?
Ils inséminent le crime: ils l'inscrivent au plus profond de la chair et difficile de s'en purifier.
L'amour est innocent.
mercredi 2 février 2011
Confiance
"A certains, tu ne dois pas donner la main, mais la patte et je veux que cette patte ait aussi des griffes"
F. Nietzsche
Ou suivre le fleuve Virginia...
« Il faut être sceptique, certes, mais il faut aussi savoir jeter au vent la méfiance, et accepter sans restriction ce qui se présente quand la porte s’ouvre. (…) Et c’est ainsi qu’on laisse descendre son filet de plus en plus loin de la surface, pour le retirer ensuite avec précaution, et ramener à la lumière ce que ces hommes et ces femmes ont dit, et en faire un poème. »
Virginia Woolf - Les Vagues
LA SEULE RÉPONSE QU'IL NOUS RESTE : NE PAS DÉSESPÉRER DE CRÉER DE LA BEAUTÉ
JE T'AI DONNÉ MON OR ET TU M'AS DONNÉ LE TIEN
JE T'AI CRIÉ: "SOLEIL !"
ET NOUS AVONS BRICOLÉ ENSEMBLE
DE BELLES IMAGES
A RENDRE JALOUX LES DIEUX
MAIS BIENTÔT TROP ÉTROITE, MA CABANE
IL TE FALLAIT LE MONDE
ET UN MATIN TU ES PARTI
ET JE T'AI CRIÉ: "SOLEIL !"
MAIS L'OR AVAIT COMMENCÉ À SE TERNIR.
TU ÉTAIS DÉJÀ AILLEURS
LE PRÉSENT DÉJÀ TU NE LE VOYAIS PLUS
OCCUPÉ À CHEVAUCHER TA MONTURE
REGARDANT LOIN DEVANT TOI, PIÉTINANT
CELLE QUI T'ÉTAIT DEVENU INVISIBLE.
DEVANT LE CHATEAU
TU T'ES RETOURNÉ CEPENDANT
ET CE DERNIER SOLEIL QUE TU ME DEMANDAIS
QUE MOI SEULE POUVAIT T'OFFRIR
JE TE L'AI DONNÉ
ET JE T'AI CRIÉ: "SOLEIL !"
TU EN AS PRIS TOUTE LA LUMIÈRE
AVANT DE ME LE REJETER
MASSE SOMBRE ET NOIRE
VIOLENCE DÉFINITIVE.
ET MOI QUI AVAIS ÉTÉ TOUT CE LONG TEMPS
"À LA MÊME PLACE BELLE" COMME TU AIMAIS LE DIRE
AUTREFOIS
MOI, POUR LA PREMIÈRE FOIS,
JE NE L'AI PLUS ÉTÉ.
GLISSÉ ET CHUTÉ
C'EN ÉTAIT FAIT
PLUS D'OR
PLUS D'OR DU TOUT DANS NOS MAINS
ET TOI
TU ES RENTRÉ DANS TA NUIT
CETTE LONGUE NUIT
OÙ TU ES
ENCORE
ET DU SOLEIL TU N'EN VEUX PLUS
mercredi 8 décembre 2010
Avant
Avant je riais je m'élargissais droit dans le vent
les mouettes m'accompagnaient
le fils de l'homme en arrière
Je ne savais pas ce qui m'attendait
Plus haute que les cimes
tandis que les hommes tombaient
je criais la vie
Au dedans un vide délicieux
porteur de tous les possibles
le fils de l'homme à mes côtés
Je ne savais pas ce qui m'attendait
Seuls face aux météores
les mots comme des diamants
au Présent
Fontaine imprévue
je touchais bientôt le toit du Monde
le fils de l'homme devant moi
Je ne savais pas ce qui m'attendait
Avant je riais je ne savais pas ce qui m'attendait
-------------
La porte que je t'ai ouverte, ne la referme pas sur moi...
La porte que je t'ai ouverte, ne la referme pas sur moi...
Je ne sais quoi penser
Je ne sais quoi penser
du vide en toi
de moi
je n'y suis plus
tes yeux sont allés ailleurs
j'ai cessé d'être ton horizon
et pourtant
je n'ai pas bougé
moi qui étais, tu me le disais,
toujours à la même place,
tu me le disais,
et belle parce que
toujours à la même place
regarde moi:
je n'ai pas bougé
Départs
POURQUOI
Pourquoi pars-tu
et me laisses-tu
inutile
devant toutes ces joies
que nous avons créées ensemble
Fallait-il que tu me prennes
pour la mer
pour être ainsi laissée
derrière
seule
Et quand ça te chante
me revenir
tout enfant encore
Mais baisse ton regard et
vois
Tu m'as hissée à hauteur d'une montagne
et je suis devenue
aussi large que le monde
Si tu pars, fais-le en souriant
et invente une danse
qui me relève.
Et redis-moi
que tu ne t'es pas servi
et ne te serviras jamais
de moi.
et invente une danse
qui me relève.
Et redis-moi
que tu ne t'es pas servi
et ne te serviras jamais
de moi.
samedi 9 octobre 2010
Ne viens plus
Il ne faut pas que tu me tentes ainsi
Ne viens plus
c'est mieux quand je t'oublie
pourquoi as-tu poussé la porte, la mienne
avec tes yeux brillants et tes doigts toujours ouverts
vers les montagnes
Ton oiseau a battu des ailes et m'a emportée là
où je n'étais jamais allée
tout près du soleil je m'y suis
retrouvée avec toi
Nous avons coïncidé à midi
et le paysage a fait un tour sur lui-même
puis s'est redressé
jeudi 8 juillet 2010
Une histoire belle comme le commencement du monde
Sur le plateau, une fille s'avance, questionnant le public:
"Qui me reconnait ? Y a-t-il quelqu'un ? Qui peut me dire si je fais bien de m'agiter de la sorte ?
"Qui me reconnait ? Y a-t-il quelqu'un ? Qui peut me dire si je fais bien de m'agiter de la sorte ?
Il m'est arrivé une histoire comme je n'aurais jamais pu imaginer... Je ne pensais pas que c'était possible que je vive une histoire pareille. Ca n'existe qu'en rêve.... une histoire belle comme le commencement du monde... je voudrais tellement vous la raconter... Si cela ne tenait qu'à moi, mais je ne peux pas, c'est un secret...
Qui peut me dire ? Parce que je me dépense beaucoup, figurez-vous. Quelqu'un peut-il me dire si je... construis vraiment quelque chose ?"
Silence. Elle part.
Plus tard, tenant à la main un papier:
"Une histoire belle comme le commencement du monde, là... si je pouvais la raconter... une histoire comme on ne peut pas l'imaginer...
Mais je ne peux pas la dire... elle exploserait et disparaitrait... ce n'est pas mon secret
Qui peut me dire si je fais bien de... ? Parce que je me dépense beaucoup, figurez-vous. Quelqu'un peut-il me dire si je... construis vraiment quelque chose ?"
Elle essaie de chanter. On ne sait si elle pleure ou sourit, les deux probablement. Elle repart.
Et ainsi de suite, jusqu'à la fin du spectacle.
vendredi 18 juin 2010
Deux fois
Frère mort deux fois
J'ai beau penser
Parti avec trop de questions
Et personne
Personne pour me répondre
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